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Regard sarajévien - Au-delà d’une histoire tragique, composition d’une histoire propre à Sarajevo

Sarajevo est une ville qui, dévastée par la guerre des Balkans, peine encore aujourd’hui à se redéfinir. Les espaces publics ont été volontairement détruits, défigurés et les habitants ont perdu une certaine identité urbaine derrière laquelle les différentes communautés pouvaient se rattacher.
La démarche entreprise est de trouver une alternative aux équipements actuels qui se construisent et de proposer aux habitants de Sarajevo un lieu, une image qui tenterait d’effacer un passé sombre que tous pourraient s’approprier et à laquelle tous pourraient s’identifier.  

En choisissant un site placé en dehors du centre ville encore marqué par le poids de son histoire, on s’abstrait de cette mémoire pour se tourner vers un avenir. Ce nouveau lieu se trouve aux abords de la rivière Miljaka et ponctue ainsi une promenade urbaine le long de son cours, la promenade Wilson qui débute dans le centre historique et traverse les diverses images de la ville, les étapes de sa construction, ce qui permet d’ancrer plus profondément le projet dans l’imaginaire Sarajévien.

Le projet naît d’un évenement annuel qu’il se propose d’abriter : Le festival de Film de Sarajevo. Ce festival est un temps fort lors duquel les habitants se retrouvent tous dans des cinémas, des open-airs, et profitent ensemble des espaces publics de cette culture cinématographique. Plus qu'un centre de diffusion, le projet devient par la mise en place d'une école de cinéma un centre de création audiovisuelle. 

Entre le projet et les collines est aménagé un parc. Celui-ci se diffuse vers l’axe routier ainsi que vers les différents bâtiments déjà présents sur le site, les englobant pour former une nouvelle unité à ce lieu. La trame d’un village étudiant participe à cet effort et propose des logements aux étudiants de l’école ainsi qu’à ceux côtoyant les autres campus de Sarajevo, renforçant les liens entre ce site et d’autres points névralgiques de la ville.

Le projet se déploie à la verticale, répondant aux tours de logements qui se situent à proximité mais s’en différencie néanmoins par le mouvement de volumes lui apportant une image singulière. Une passerelle invite l’activité présente autour de la halle de marché se situant à proximité à se développer jusqu’à devenir une place haute, surplombant un parc, offrant un nouveau rapport avec celui-ci et qui nous guide vers la grande salle du festival, dont la façade peut s’ouvrir, se fermer. Lors du festival, cette dalle fait office de tapis rouge et le public peut assister à l'arrivée des célébrités aussi bien sur cette même dalle que depuis les niveaux supérieurs.

Le reste de l’année, le projet invite à son franchissement vertical et offre, par le biais de grands escalators se positionnant dans la continuité de la passerelle, différents travelings sur Sarajevo. En circulant librement autour des volumes, on découvre à chaque dalle de nouveaux cadrages sur la ville au loin, ainsi que de différentes activités, que ce soit une aire de jeux, un jardin botanique, des terrasses. A chaque niveau, c’est finalement un certain cadrage sur une forme d’urbanité qui s’opère, mettant en scène les Sarajéviens dans leur quotidien.