cordoba



À travers un projet qui mêle paysage et programmation urbaine, nous dégageons deux propositions architecturales précises qui viennent s’ouvrir aux élements naturels afin de mettre en exergue tout le potentiel du site et de dessiner une image positive pour la rive sud du Guadalquivir à Cordoue.

De sa riche histoire, la ville de Cordoue a hérité un large centre historique, le deuxième plus grand d’Europe, dont l’attractivité touristique anime aujourd’hui son économie. De l’autre côté du fleuve, pourtant, prend place un quartier principalement résidentiel et largement déprécié alors même qu’il rassemble près de 11% de la population cordouane. Phénomène de marginalisation observable sur tout le tronçon médian de la vallée du Guadalquivir, dans le cas particulier de Cordoue, la rive sud était une zone agricole quasiment dépourvue de construction jusque dans les années 1940. Ce n’est que dans la seconde moitié du XXème siècle que cet espace connaîtra trois opérations d’urbanisations successives dont résulte un patchwork de typologies urbaines bien distinctes : quartier ouvrier de maisons en bande, plots, îlots espagnols. L’espace des berges du fleuve reste cependant déconnecté du quartier et proposent de larges espaces indéfinis.

Notre zone de projet s’étend sur trois kilomètres, entre le lobe de Miraflores et le pont de l’Andalousie où passe la voie autoroutière principale de Cordoue. Largement hétérogène, elle est caractérisée par des tissus urbains différents, des degrés d’urbanités et des ambiances différentes. En effet, le lobe de Miraflores a été projeté comme potentiel de «modenisation de la ville» profitant de son intégration dans un système de grand vide métropolitain qui part du noeud de transport gare ferroviaire-gare routière au nord de la ville. Le parti pris de notre projet a cependant été de considérer que le tronçon de rive appelé «Cordel de Ecija», entre le pont de San Rafael et le pont autoroutier, pouvait également trouver sa place dans ce grand système de vide. Nous voyons en effet dans son caractère longitudinal un grand potentiel d’interaction avec le quartier sud qui permettrait d’en revaloriser l’image. Aussi, le non-traitement de ses berges en fait l’occasion  d’un projet d’un quai plus libre, plus fluide, à même à flouter les limites entre urbain et paysager.

Ainsi, le projet trouve son amorce dans son rapport au paysage. La végétation riveraine qui s’est développée dans le Guadalquivir cordouan à partir des années 70 vient s’étendre jusqu’à l’intérieur du quartier. En contrepartie, la ville s’autorise à se rapprocher du fleuve : quelques bâtiments viennent chercher cette proximité et accompagnent ainsi des glissements vers le bas qui viennent créer un nouveau contact à l’eau mais aussi des glissements vers le haut qui permettent de surplomber la végétation.

La programmation urbaine vise à proposer deux programmes métropoliains. Un lieu de la musique sur le lobe de Miraflores vient déverrouiller la désolation d’un centre d’art contemporain entouré de terrains vagues et fermé sur le quartier. Un centre nautique avec piscine olympique nous emporte dans la rêverie d’avoir l’impression de se baigner dans le fleuve sur la rive de Corde de Ecija. Associé à un lycée sport-étude, le projet permettrait de libérer l’espace actuellement occupée par un programme d’enseignement secondaire, un terrain de 800 ares qui serait alors l’occasion d’un projet de quartier visant à retisser les trames urbaines entre le quartier de plots et celui construit sur le modèle de l’îlot. Dans sa globalité, le projet propose une importante mixité programmatique qui intègrent du logement temporaire aux édifices publics et du logement familial à ses abords.